logo usine a sons

Nouvelles

08/01/2019

Retrouvez l'audioguide de l'époque !

05/01/2019

L'Usine à Sons : une renaissance virtuelle.

Les disques de radios et évènementiels ou disques

LES DISQUES DE RADIOS ET ÉVÈNEMENTIELS OU DISQUES "DOC"

Les disques de documents, édités la plupart du temps en relation avec des stations de radio propriétaires d'archives sonores, représentent un thème passionnant de collection et sont accessibles à toutes les bourses. Ils permettent aussi d'avoir accès à une documentation sonore et de se constituer une "banque personnelle" de documents, que seuls les grandes institutions comme l'Ina, détenaient jusqu'à présent.

Deux leaders : RTL et Europe1

Les documents et émissions de radio édités sur disques ont connu leur essor dans les années 60, époque où RTL et Europe 1 se partageaient les grandes couvertures d'évènements nationaux et mondiaux. À cet effet, une collection de documents sur disques souples baptisée "Sonorama" a connu le succès de 1958 à 1962, mais cette collection extrêmement riche constitue un autre article. En dehors de cela, un marché, certes modeste par rapport à la production discographique "tout-venant", mais cependant riche en lui-même, s'est constitué depuis l'époque des 78 tours, l' histoire se poursuit depuis d'avènement du CD.

45 tours retaçant l' épopée de l' alunissage du 21 juillet 1969, avec la voix d' Albert Ducroq, co-production Sélection du Reader' s Digest avec Europe N° 1 45 tours Lune

Un peu d'histoire

Jusqu'au milieu des années 30, la radio se faisait en direct ; chanteurs, musiciens et comédiens venaient exprimer leur art devant le micro et aucune trace n'en était conservée. Avec le succès qui augmentait, des stations commerciales comme "Le Poste Parisien" ou "Radio-Cité" ont été amenées à utiliser de plus en plus d'éléments enregistrés sur disques "acétates", notamment pour ce qui concernait les messages publicitaires toujours plus élaborés, avec musiques originales et interventions d'artistes connus, eux-mêmes fort occupés par ailleurs. À partir de cette époque on a logiquement été amené à faire la même chose pour certains reportages ne pouvant se faire que difficilement en direct et pour certains feuilletons. Après la guerre, les postes privés ont disparu mais la Radiodiffusion Française a utilisé ce procédé jusqu'à l'emploi généralisé du magnétophone, au milieu des années 50. Malheureusement très peu de ces "acétates" constituées d'une couche gravable collée sur un flanc en métal ont été conservées, il faut dire qu'avec le temps, ces couches enregistrées se sont souvent détachées de leur support, en s'émiettant. Mais quelques-unes cependant sont parvenues jusqu'à nous et sont parmi les plus recherchées par les collectionneurs.

Produits dérivés

À partir des années 60, la société de consommation aidant, les radios périphériques ont eu l'idée de commercialiser les moments forts de leurs antennes. Ainsi est née une notion nouvelle : les produits dérivés sonores (comme on ne disait pas encore à l'époque). Il faut dire aussi que les deux principales stations périphériques de l'après-guerre possédaient chacune une filiale d'édition discographique: "Festival" pour Radio-Luxembourg et "Disc'AZ" pour Europe N°1. Mais il est souvent arrivé que d'autres firmes de disques fassent appel aux archives de ces radios pour des éditions commerciales. Cela permettait d'orner la pochette avec le logo de la (prestigieuse) station concernée, créant ainsi un partenariat profitable aux deux parties avec un investissement promotionnel réduit. Il est intéressant de remarquer que cette pratique est devenue aujourd'hui monnaie courante en publicité télévisuelle, pour ce qui concerne l'édition de compilations de chansons.

Des mines de documents

Que contiennent en général ces disques ? Souvent les évènements importants et marquants de notre époque : Premiers pas de l'homme sur la lune, Guerre des Six Jours, Évènements de Mai 68, etc. Mais on peut trouver aussi des thèmes comme : l'histoire de la radio en général, ou de certaines stations en particulier, ou bien encore des extraits d'émissions à succès, originales ou reconstituées. Certaines productions peuvent aussi être axées sur la personnalité d'un animateur-vedette, mais cela semble être plus courant aux États-Unis ou en Angleterre avec des disques consacrés à de grandes stars de la radio comme Wolfman Jack (devenu célèbre chez nous avec le film "American Graffiti"), comme Le Président Rosko "Le plus beau, celui qu'il vous faut, celui qui marche sur l'eau" et qui a fait les beaux jours de Radio-Caroline, de Radio-Luxembourg (programmes de langue anglaise) ou de RTL. Célèbre aussi dans les années 50 : Alan Freed, découvreur de talents, à qui un film, hélas inédit en France, a été consacré: "American Hot Wax". C'est à cette époque (les années 70) que les Américains ont compris le potentiel commercial que représentent les émissions de radios anciennes et ont commencé à éditer toutes sortes d'archives sur des labels spécialisés comme "Memorabilia Records" ou "Radiola". C'est ainsi qu'on peut accéder désormais à des pièces légendaires comme "La guerre des Mondes", de et par Orson Welles (1938), sur le thème fictif des Martiens débarquant sans crier gare dans le New-Jersey, créant une vraie panique, ou à des radio-shows animés par Dean Martin et Jerry Lewis, sans oublier les facécies radiophoniques des frères Marx.

CD ColucheRFM
CD édité en 1991, à l' occasion des 10 ans de la "libération des ondes", autrement dit de l' arrivée officielle des radios privées indépendantes.

Les radios pirates

Dès la fin des années 50, quelques aventuriers des ondes ont décidé de combattre les monopoles d'états sur la diffusion des ondes radio. La plus célèbre expérience reste sans aucun doute celle de Radio-Caroline créée en 1964 par un Irlandais nommé Ronald O'Rahilly. Pour éviter la saisie, ces diffuseurs ont eu l'idée d'émettre à partir de bateaux ancrés en Mer du Nord, en dehors de eaux territoriales des pays riverains ou à partir d'anciens forts militaires sur pilotis, construits pour la plupart au large de l'estuaire de la Tamise. La stratégie était bonne puisqu'ils arrosaient plusieurs pays à la fois, d'où une large couverture publicitaire. Quelques clubs français et étrangers se sont créés au fil des années et ont édité bon nombre de revues, cassettes et surtout disques sur le sujet. Parmi les radios "aventurières" les plus célèbres citons Radio-Veronica, Radio London et Radio Nordsee. Ces disques contiennent souvent des exemples de l'âge d'or; à savoir les années 60, sous formes d'extraits d'émissions, avec quelquefois des passages mouvementés tels que l'arraisonnement du bateau-émetteur pirate par les forces de police. On y retrouve aussi les voix des animateurs vedettes de l'époque (Chris Edwards, Le Président Rosko ou Screamin' Lord Sutch) ou des messages parlés par Les Beatles ou Mick Jagger. Vers la fin des années 60, sauf exception, ces radios on du fermer les unes après les autres, l'extension des eaux territoriales et le durcissement des lois à l'encontre des ravitailleurs ayant largement joué en leur défaveur. À eux seuls les nombreux documents édités en disques pourraient constituer un thème de collection, complétés par les disques de jingles ou "sonals" dont ces stations faisaient une grande consommation.


D'autres formes de disques de radio

Par la suite, dans les années 80 et surtout 90, des éditeurs ont commencé à avoir recours à des documents parlés, plus ou moins anciens, d'actualités et même de "réclames" pour illustrer certains disques de chansons de variétés. Plusieurs compilations en CD comportent ainsi quelques documents dont l'âge est presque toujours supérieur à 50 ans, en raison de la loi sur la propriété industrielle et artistique de 1985, les autorisant à utiliser textes et musiques d'époque sans avoir à tenir compte de versements de droits à de quelconques ayant-droits.

Les "Événementiels"

Comme nous l'avons vu plus haut, les reportages sur les évènements contemporains importants ont souvent été commercialisés en association avec des stations de radio. Mais ce n'est pas une règle absolue, les publicitaires aussi y ont vu un attrait, c'est ainsi que la marque de hi-fi Grundig nous a offert en 1970 un disque 45 tours avec des documents de la Nasa sur le débarquement de Armstrong sur la lune, couplés - pour faire bonne mesure - avec des morceaux musicaux permettant de régler au mieux les chaînes stéréo. Ces évènements spatiaux, décidément très prisés par les éditeurs, nous ont été proposés aussi en disques publicitaires par Danone et Sélection du Reader's Digest. Il y a eu également des éditions "standard" d'évènements importants comme "Columbia, symphonie spatiale" avec commentaires d'Yves Mourousi ou divers disques consacrés à des artistes célèbres comme "Il était une voix... Édith Piaf", réalisé en 1983 pour le 20ème anniversaire de la disparition de "La Dame en Noir", à partir de documents de l'Ina. Les CD ont maintenant pris le relais pour cette production qui reste peu importante mais régulière.

CD Mai68
CD édité dans un coffret en forme de pavéen mai 1998 à l' occasion des 30 ans des évènements de mai 68

Entretien

Ces disques ayant été généralement peu écoutés, il est assez facile de les trouver en bon état, que ce soit en vinyl, en CD ou en 78 T, et ne nécessitent pas un entretien différent des autres disques sur les mêmes supports. Cependant le cas particulier des acétates exige un traitement spécifique, à savoir... pas de traitement du tout ! Si ce n'est un léger dépoussiérage au plumeau antistatique. En effet, tout bain ou nettoyage au chiffon risquerait d'emporter une bonne partie (selon l'état) de la couche gravée, et ce de façon irrémédiable. Il est vivement recommandé de faire exécuter une copie numérisée des documents concernés, car il faut savoir que quelquefois la lecture de transfert du document sera la seule possible. Précisons que ce travail n'est pas à la portée de l'amateur moyen et qu'il coûtera plusieurs dizaines (ou centaines) d' euros.

Où les trouver ?

Contrairement aux disques sur le cinéma par exemple, il n'y existe pas de conventions de disques spécialisées dans les documents radio ou évènementiels. Le disque "doc" peut donc surgir à tout moment là où on l'attend le moins ; mélangé parmi des dizaines ou des centaines d'autres "tout-venant", dans les lieux habituellement fréquentés par les collectionneurs : foires et bourses aux disques, brocantes, vide-greniers, ventes aux enchères.

À quels prix ?

Dans ce domaine le disque "doc" ne se distingue pas non plus de ses confrères : - de 1 à 10 € pour un 45 tours - de 1,5 à 15 € pour un 33 tours ou un CD simple - de 8 à 75 € pour un 33 tours ou CD consacré à un "DJ" connu ou à une autre célébrité. Mais comme toujours, le prix peut varier considérablement selon le lieu et l'occasion.

Michel Gosselin