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Les Boîtes D'aiguilles Pour Phonographes

Les boîtes d'aiguilles pour phonographes

Véritable "interface" entre le sillon gravé sur disques et l' oreille de l' auditeur, l' aiguille (la plupart du temps faite en acier) a suscité de très nombreux emballages faits le plus souvent d' une petite boîte métallique rectangulaire pouvant en contenir une centaine. Pour ce qui est des illustrations de ces boîtes, l' esprit des créateurs semble avoir été quasi-illimité.

Les aiguilles en acier

Elles ont fait leur apparition dès la fin du siècle dernier avec le disque Berliner, mais c' est surtout à partir des années 20 que leur usage s 'est généralisé, sauf pour les disques à gravure verticale qui devaient être lus à l' aide d' un saphir, comme les cylindres. Comme dans beaucoup de domaines intimenent liés à la technique, tout n' est qu' affaire de compromis, en effet à ces époques on n 'a jamais résolu le dilemme qui consistait à opter pour l' usure du disque ou bien l' usure de la pointe de lecture. Le deuxième choix ayant semblé plus raisonnable, on a préféré user l' aiguille en incorporant de l' ardoise pilée dans la pâte servant à la fabrication des 78 tours. La distorsion produite par l' aiguille neuve au début de l' écoute était compensée par la grande vélocité de lecture des premiers sillons. Ensuite Après quelques tours de disque l' aiguille était suffisament émoussée pour épouser correctement la forme du sillon, la qualité de lecture était optimale mais s' amenuisait à mesure que l'on s' approchait du centre du disque. Les aiguilles dites "longue durée" devaient compenser ce défaut mais en accentuant l 'usure du disque. Le poids des têtes de l' époque, généralement compris entre 120 et 180g, n' arrangeait en rien les choses. Beaucoup d' aiguilles se sont ainsi usé la santé et la pointe sur les sillons des 78 tours en y laissant des particules métalliques d' autant plus visibles que le disque a beaucoup tourné, c' est ce qui explique l' aspect grisâtre des disques présentant une certaine fatigue.

Boîtes sur les thèmes de la musique et du disque. Pathé reprend son logo "Le miroir de la voix", utilisé sur les pochettes de 78 tours des années30 (en haut à droite).

D' autres sortes d' aiguilles

Pour limiter les problèmes d' usure ainsi que pour obtenir des forces et des colorations de lecture différentes, l' imagination des techniciens a fait appel à des idées on ne peut plus originales. Ainsi sont apparues les pointes de lecture en bambou (technique employée depuis longtemps dans les studios d' enregistrement pour écouter les précieuses "mères" en cire sans risque de détériorartion), ces pointes pouvaient se retailler jusqu' à une dizaine de fois à l' aide de ciseaux spéciaux. Ont existé auss i: des pointes faites d 'une épine de cactus ou de poils de porc-épics !

Les aiguilles actuelles

Il est très facile de se procurer chez les marchands spécialisés des aiguilles, généralement vendues par cent pour écouter les 78 tours comme autrefois, sur un phonographe d' époque. Mais il faut toujours impérativement respecter la règle : 1 aiguille = 1 face, sous peine de dégrader le sillon du disque de façon irréversible. Certains fabricants proposent des aiguilles actuelles permettant de lire 3 ou 4 faces, cependant il est conseillé de bien se renseigner au moment de l' achat.

Rares boîtes en forme de cubes et de pyramides

Différentes puissances de reproduction

Malgré tous les charmes que peut fournir un phonographe d' époque l' inconvénient majeur réside en la non-possibilité de varier le volume de reproduction (sauf sur certains appareils assez luxueux munis de portes que l' on entrouvre plus ou moins selon la puissance désirée). Aussi les fabricants ont palié à ce problème en réalisant des aiguilles de différentes "forces". Cela va de "sourdine" à "extra-loud" en passant par "mezzo", "fort" et "extra-fort". Ces aiguilles peuvent prendre indifféremment place à tour de rôle sur la même tête de lecture, la puissance délivrée variant également avec la taille du pavillon employé. Une même marque d' aiguilles pouvait proposer plusieurs boîtes avec la même illustration mais avec une mention différente selon la puissance de reproduction, ce qui multiplie les recherches (ou le cauchemar) du collectionneur !

Les différents thèmes d'illustrations des boîtes

L' imagination des illustrateurs semble avoir été sans limites. De très nombreux thèmes ont vu le jou r: Nature, animaux, fleurs, bateaux, danse, châteaux, monuments, personnages historiques, etc... La forme la plus courante est la forme rectangulaire mais il existe aussi des formes triangulaires, carrées, pyramidales, etc. Certaines boîtes oblongues présentent en leur intérieur plusieurs compartiments, chacun correspondant à une force de reproduction. Parmi les illustrations recherchées, citons les chiens (par analogie avec le célèbre "Nipper"), à ce propos, la contre-façon y est allée bon train notamment quand la firme allemande Marschall a copié l' image "His Master's Voice", ce qui a donné lieu après procès à l' édition d' une boîte illustré "G & B - Dog and baby". Les boîtes représentant le non moins célèbre Mickey figurent aussi au hit-parade des pièces rares surtout qu' elles se déclinent (paraît-il) en plusieurs fonds de couleurs différentes.

Selection de boîtes en présentoir avec des thèmes consacrés aux enfants et aux animaux. L' animal dominant est le chien, plus ou moins inspiré du fox-terrier à poil lisse Nipper, emblême de "La Voix de son Mâitre" (lire son histoire dans l' article consacré aux 78 tours).

Où les trouver ?

Les boîtes d' aiguilles de phonos sont très rarement présentes sur les brocantes de villages et autres vide-greniers. Elles sont plutôt la spécialité des antiquaires et marchands spécialisés en phonographes ou objets publicitaires. Le "millieu" des collectionneurs étant assez restreint, le bouche à oreille est également efficace. Quant aux petites annonces, elles peuvent réserver de bonnes surprises mais ne proposent en général que des ventes ou échanges en lots, rarement à l' unité.

A quels prix ?

Boîtes courantes : de 4,50 à 30 € la pièce. Boîtes rares : A partir de 60 € la pièce Les marques courantes sont en général : - En France: Bohin, La Voix de son Maître, Pathé - En Angleterre: Columbia, Songster (on a rencensé 42 sortes dans cette marque) - En Allemagne: Hérold, Marschall Les modèles rares : par exemple la boîte représentant Mickey (déclinée en plusieurs fonds de couleurs) D' une façon générale il existe de 3 à 5 fonds de couleurs différentes à partir d' un même motif selon la force des aiguilles contenues dans la boîte.

Des utilisations originales

A partir de l' année 1943, l' utilisation de pick-ups légers a permis de lire les disques avec une force d' appui de 25 g sur le sillon. Puis peu à peu les électrophones à "tête légère" (3 à 5 g environ) leur ont emboîté le pas. Ceux-ci étant équipés d' une tête réversible avec deux saphirs (l' un pour les microsillons, l 'autre pour les 78 tours), les aiguilles ont progressivement disparu. Mais jusque dans les années 60 la firme allemande Marschall a eu des clients fidèles dans trois régions du Tiers-Monde : Afrique, Mexique et Chine. Dans la première les aiguilles de phonos étaient utilisées pour... tuer les poux, dans la deuxième pour servir de décor de bottes et dans la troisième à des fins d' acupuncture !

Comment dater les boîtes

Cela n' est pas chose aisée. D' une façon générale, pour les boîtes françaises liées à une marque de disques, on peut partir de la date de la création de la marque en question, mais cela ne sera qu' une indication "à partir de...". Les catalogues d' accessoires pour phonographes donnent aussi des indications utiles. Voici cependant quelques dates : - 1903 pour la marque Zonophone - 1906 pour la série de boîtes illustrée avec des oiseaux - 1929 pour la marque anglaise Songster - 1932 pour la série "Mickey"

Bibliographie

"Phono-Graphics - The visual paraphernalia of the talking machine" de Arnold Schwartzman, Éd Chronicle Bookes, San-Francisco "Recueil des dépôts de marques phonographiques éffectués en France de 1893 à 1914" de Henri Chamoux, Éd H.Chamoux

Remerciements à: Jean-Claude Luzzeri et Philippe Leray, collectionneurs.

Michel Gosselin